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24 heures pour sauver des vies dans le pays aux routes les moins sûres du monde

Un hackathon hors normes sur la côte de Malabar Nés pour protéger
19 nov. 2015

Aujourd’hui, personne n’est prêt à accepter la violence des accidents de la route comme une fatalité : la sécurité routière est devenue un souci récurrent pour la majorité d’entre nous.

En Inde, les chiffres sont effarants. 11% des accidents comptabilisés dans le monde s’y déroulent. Ils y font 400 morts par jour. Dans ce pays en particulier, l’urgence est là, pressante. Mais comment prévenir les accidents de manière efficace, rapide ? Pour répondre à cette question, l'International Finance Corporation (IFC) et AXA viennent d’organiser un « hackathon » dans le sud de l’Inde.

Mais qu’est-ce qu’un hackathon ?

En bref, c’est un marathon pour passionnés de « hack », c’est-à-dire pour développeurs informatiques et graphistes, un genre de programmation collaborative en continu – oui, sans dormir, sauf éventuellement pour une rapide sieste au pied de l’ordinateur. L’idée est de produire, en équipe, un prototype d’application qui sera présenté à un jury une fois le temps imparti écoulé. Pour ces véritables auteurs-compositeurs, une telle course contre le chronomètre dans une ambiance souvent festive, activités nocturnes et promiscuité obligent, est un moment – croyez-le ou non – agréable. Une bonne dose de stress positif, un savoureux jargon technique, beaucoup d’esprit d’échange et d’entraide, la reconnaissance des pairs comme but, et voilà l’esprit communautaire de ces experts (et leur moral) au sommet.

Kerala, un lieu symbolique

Les 22 et 23 août derniers, 170 développeurs indiens ont donc répondu à l’appel du « Kerala Road Safety Hackathon ». L’état de Kerala, situé à la pointe sud du sous-continent indien, recense à lui seul environ 40 000 accidents par an, souvent mortels. Ce lieu était un choix symboliquement fort.

L’initiative s'inscrivait dans le partenariat global de l'IFC et d’AXA pour améliorer la couverture en assurance et la sécurité des populations des marchés émergents, tout en favorisant leur croissance économique. Améliorer la sécurité routière est l’un des axes principaux de cette coopération lancée en 2014. Ses autres enjeux : investir dans des compagnies d'assurance locales, mieux protéger les femmes, financer des infrastructures et développer l'investissement et l'assurance responsables.

Le bénéfice apporté par les solutions d’avant-garde, tirant profit du numérique et de l’intelligence collective, est l’un des crédos d’AXA. Le hackathon pour la sécurité routière de Kerala était ainsi une action commune de choix pour parvenir à des résultats rapides et concrets.

Les hackeurs sur le pont pour sauver des vies

42 équipes mêlant étudiants et entrepreneurs ont donc passé ensemble tout un week-end à concevoir programmes et applications informatiques. Chaque équipe devait proposer soit une solution matérielle innovante, soit un logiciel destiné à réduire les dommages dus aux accidents de la route. Ces bienfaiteurs d’avant-garde avaient quatre domaines d’application au choix : ingénierie, application de la loi, éducation ou interventions d'urgence. Ils pouvaient par exemple améliorer les infrastructures existantes (route, signalisation, etc.) ou faciliter les interventions d'urgence grâce à des systèmes d'alerte (appel à la police, aux services médicaux, aux pompiers).

Les critères d’évaluation ? Simplicité d’utilisation, créativité des solutions, probabilité et valeur des répercussions attendues sur les accidents, attractivité et intuitivité du design. Le règlement, avec un brin d’autodérision, acceptait pour chaque équipe cinq humains plus « un cyborg, un Furby, un drone ou un Sphero » – c’est dire l’ambiance.

Quand le sécuritaire et le « fun » se rencontrent : trois gagnants

Dans la catégorie « matériel », c’est un casque intelligent qui a remporté le premier prix. En plus de la protection physique attendue, ce casque comprend un feu arrière et un dispositif de radio relié à son deux-roues. Ce dispositif empêche l’engin de démarrer si personne ne porte le casque. Un bon moyen de s’assurer à la fois du respect de la loi et de la sécurité physique du conducteur en cas de choc.

« Troisième œil », un système qui contrôle en temps réel tout ce que l’encombrement des routes peut provoquer de fâcheux, a quant à lui remporté le prix de la catégorie « logiciel ». Il ouvre la voie à une amélioration à la fois de l’ingénierie liée aux flux de véhicules et à celle des systèmes d’alerte aux services d’urgence concernés.

Dans la catégorie « innovation » c’est le projet « Bon Voyage » qui a été récompensé. Il s’agit d’une application mobile attribuant des points aux conducteurs quand elle reconnaît un comportement positif de leur part – points qu’ils peuvent ensuite faire valoir. L’éducation ludique aux bonnes pratiques de conduite se conjugue ici au pouvoir de l’émulation pour encourager les comportements « vertueux ». C’est à-dire ceux qui permettent une sécurité optimale de tous les usagers de la route.

Chacune des trois équipes gagnantes a remporté 190 000 roupies, soit environ 2 600 euros. Toutes les solutions développées durant le hackathon tombaient d’office dans le domaine public.

Une foule de projets…

Les autres projets offraient les inventions les plus variées. Parmi ceux sélectionnés au « round » précédant, certains nous ont interpelés. D’abord, des vêtements connectés qui rassemblent des informations sur la santé et la géolocalisation du conducteur d’un deux-roues via son smartphone. Ils permettraient, par exemple, de l’aider à gérer son stress au volant. Ensuite (pourquoi pas ?) des drones permettant d'acheminer une aide d'urgence extrêmement rapide, indépendante des bouchons éventuels. Enfin, un dispositif embarqué qui prévient le commissariat de police ou une ambulance à proximité en cas de freinage brusque dû à un accident. Il peut aussi être utilisé comme un téléphone. Le tout au milieu de dizaines d’innovations pratiques pour sauver des vies sur les routes.

... et une inspiration

A la vue du succès de l'événement, AXA et l'IFC ont l'intention d'étendre l'initiative à d'autres pays. Les projets soumis à l’occasion de cette course indienne contre la montre les ont confortés dans une certitude: la technologie peut permettre de résoudre des problèmes rencontrés par les femmes et les hommes « réels », et ce à l’échelle mondiale. Comment une compagnie d’assurance peut-elle, en effet, se détourner d’un investissement qui, au-delà du bénéfice matériel, lui permet de répondre aux exigences éthiques qui la gouvernent, d’asseoir la cohérence même de sa démarche ? Si c’est de protéger les personnes et d’améliorer leur vie quotidienne qu’il s’agit, alors le partage, les moyens les plus innovants, la collaboration avec un large éventail de partenaires deviennent une évidence. Hackathon forever ?