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L’(assurance) habitation du futur

Objets connectés, domotique, la révolution est en marche, à la maison comme dans le contrat d’assurance habitation. Des experts de l’innovation d’AXA et d’ailleurs vous expliquent. Concevoir l’assurance de demain
7 avr. 2016

Un incendie se déclare chez vous en votre absence. Dans le meilleur des cas, l’efficacité de votre extincteur automatique à eau ou la curiosité de votre voisin permettront de stopper les flammes rapidement. Dans le pire des cas ? Mieux vaut ne pas y penser ! Une chose est certaine : des dommages seront à déplorer, quoi qu’il arrive.

Mais ça, c’est déjà presque du passé.

Dans la maison connectée, Internet et les objets en réseau sont reliés 24 heures sur 24, sept jours sur sept, afin d’améliorer la sécurité, le confort, la simplicité, la surveillance et la bonne marche du domicile.

Dans ce bouleversement, AXA compte bien être pionnier de son secteur. Pour y voir plus clair, nous avons demandé à des experts, internes comme externes, de nous parler de l’interopérabilité de ce maillage complexe d’objets, de plateformes et de technologies, à l’heure où la maison du futur et l’assurance habitation évoluent pour le meilleur.

Quand les objets parlent aux objets

Revenons à votre incendie. Imaginons qu’il se soit déclenché parce que vous avez oublié d’éteindre vos plaques de cuisson au gaz. Si vous aviez opté pour un modèle connecté à Internet, votre appareil électroménager lui-même vous aurait alerté de la position de ses brûleurs, via une application mobile installée sur votre smartphone. Vous vous seriez alors précipité chez vous (sans prendre de risques inconsidérés, bien entendu) afin d’éteindre vos plaques de cuisson.

Pour pouvoir dialoguer entre eux, ces objets – les plaques de cuisson, le routeur Internet, l’application mobile et le smartphone – doivent s’appuyer sur un protocole ou « langage » unique, une plateforme commune qui se trouve au centre de toutes les attentions des spécialistes des objets connectés.

Luc Julia, vice-président du Centre d’innovation et de la stratégie de Samsung , fait partie de ces spécialistes. Avant de rejoindre Samsung, il a été l’un des artisans de SIRI, l’assistant virtuel d’Apple. Faire fonctionner ensemble et en toute fluidité des systèmes et des objets très variés n’a pas de secret pour lui.

Parmi les projets auxquels il se consacre, il y a SAMI (Samsung Architecture Multimodal Interactions), la plateforme commune de Samsung qui fait dialoguer entre eux différents objets (y compris des appareils qui n’existent pas encore) et collecte toutes sortes de données en temps réel ou différé.

AXA s’intéresse de près à SAMI, dont la simplicité d’utilisation et la grande interopérabilité pourraient rendre la maison connectée accessible à tous. Car, ne l’oublions pas : une maison connectée est une habitation sûre, donc moins sujette aux sinistres et demandes d’indemnisation (les plaques de cuisson, vous vous souvenez ?). C’est surtout une habitation qui peut être couverte au plus près des réalités grâce aux flots de données qui circulent sans discontinuer, du client à l’appareil et de l’appareil à l’assureur.

Une maison protégée, tout de suite

Alors, pourquoi ne pas suivre et contrôler les objets connectés de la maison afin d’éviter le début d’incendie ?

Yves Caseau, Directeur Digital & Innovation chez AXA, a participé cette année au Consumer Electronics Show (CES). Son objectif : repérer les innovations sur lesquelles AXA peut miser pour mieux connecter la maison. Il explique en quoi l’enjeu est important :

Yves Caseau
Directeur Digital & Innovation

À l’ère du numérique, pour inscrire vos relations client dans la durée, vous ne pouvez plus vous contenter de décrocher des contrats et de traiter les demandes d’indemnisation. Vous devez évoluer aux côtés de vos clients et leur offrir beaucoup plus : de la prévention, de la protection et de l’assistance. Et pour que votre approche soit pertinente et créatrice de valeur, vous devez vous appuyer sur les objets connectés et le big data qui vous permettront de développer une offre de produits et services personnalisés et contextualisés : bien faire, au bon moment.

Lors du CES 2016, Yves Caseau a été fasciné par les systèmes de traitement du langage naturel, à l’instar d’Echo (nom d’utilisateur : Alexa), l’enceinte intelligente à commande vocale d’Amazon. Sans-fil, haute de 23,5 cm, Echo permet de contrôler des objets intelligents chez soi sur une multitude de plateformes, au moyen d’une simple commande vocale. Si pour l’utilisateur à la maison, les plateformes comme Echo sont des systèmes centralisés, du côté de l’assurance habitation, elles représentent un écosystème capable de fournir la bonne information, le bon conseil et le bon service, au bon moment.

Utilisé comme moyen de surveillance permettant de « voir » à distance dans sa maison et d’activer des objets comme des caméras et autres détecteurs de fumée et de qualité de l’air, Echo pourrait détecter une anomalie (un brûleur allumé, par exemple).

De même, la plateforme pourrait servir de passerelle vers des services pour l’habitation, comme AXA Assistance. En bref, elle ferait le lien entre des opérateurs et le domicile du client, un véritable dispositif de veille à distance capable de collecter des données en vue d’une analyse future, et de dépêcher quelqu’un sur place en fonction des situations. De là à imaginer des primes d’assurances réduites pour les habitations protégées par ce type de fonctionnalités, il n’y a qu’un pas.

L’Internet des objets à la maison

Véronique Letellier, Directrice des Services Digitaux chez AXA France , est le fer de lance de plusieurs initiatives d’AXA dans le domaine de l’IdO à la maison, et participe au développement d’une stratégie d’entreprise naissante .

Elle met en avant l’investissement de l’entreprise dans le domaine de l’IdO en évoquant le lancement d’un programme pilote en France, en octobre 2015, visant à améliorer l’approche globale de l’entreprise en la matière. En partenariat avec des entreprises comme Nest, Myfox, Kiwatch, Philips et Orange, spécialisées dans la fabrication d’objets connectés – capteurs, caméras, dispositifs d’éclairage, prises de courant –, le programme pilote permet de contrôler une multitude d’appareils depuis l’application mobile MonAXA spécialisée dans la protection et l’assistance en France.

Aujourd’hui, la version française de l’application d’AXA, Mon AXA, relie votre maison à votre smartphone via des appareils connectés IdO (“Internet des objets”) de marques partenaires comme Philips, Nest et Orange.

Les participants bénéficient de remises intéressantes, pouvant aller jusqu’à 40 %, sur toute une gamme d’équipements. Depuis leur espace personnel MonAXA, ils peuvent effectuer une multitude d’actions, comme activer une vidéosurveillance, allumer ou éteindre une alarme et contacter AXA Assistance.

« Nos clients ont vécu une expérience très positive », ajoute Yves Caseau, « à tel point qu’une nouvelle initiative sur la maison connectée sera lancée dès cet été en Suisse. L’objectif sera de mieux cerner le rôle à jouer de l’IdO dans notre mission d’accompagnement de nos clients. »

Un jour, il sera possible de commander ses plaques de cuisson à distance, depuis une application mobile comme MonAXA (MyAXA, dans sa version anglaise). Les forfaits d’assurance pourraient tenir compte de ces fonctionnalités avancées en matière de sécurité de l’habitation, afin d’offrir à ses utilisateurs de nouveaux avantages.

IFTTT, un service qui permet d’automatiser des tâches courantes

Thibaut Loilier, Responsable du Développement d’AXA Lab à San Francisco, a lui aussi participé au CES 2016. Sa mission : dénicher des innovations technologiques grand public avant leur sortie sur le marché et identifier des partenaires potentiels pour le Groupe.

« Nous avons découvert des centaines de plateformes et d’objets inédits. D’évidence, ils représentent l’avenir, à condition qu’ils soient capables de dialoguer ensemble », souligne-t-il. « Pour assurer cette interopérabilité, il faut un dénominateur commun. Des plateformes technologiques comme le service IFTTT (If This Then That) semblent être la solution idéale. Simples et efficaces, elles s’imposent rapidement comme la référence chez les principaux acteurs de l’IdO comme LG. »

La maison devrait connaître un bouleversement avec l’arrivée de nombreux objets révolutionnaires équipés du service IFTTT, à l’image des boutons intelligents Flic et Fibaro qui permettent d’allumer une ampoule connectée par détection de mouvement ou par commande vocale, du Kuna Toucan qui est à la fois luminaire extérieur, détecteur de présence et caméra, et des détecteurs thermiques et de fuite d’eau proposés par Honeywell. Ces boutons intelligents, caméras et détecteurs font de la maison connectée, un lieu mieux protégé qui peut être couvert par des contrats sur mesure offrant une meilleure garantie et dans certains cas, la possibilité de bénéficier de primes moins élevées.

Pour Laurent Benichou, Innovation & Foresight Director chez AXA , il est important de s’intéresser au IFTTT. C’est une plateforme décentralisée. Or, la décentralisation suscite bien des intérêts, et pour cause : lorsqu’un objet communique directement avec un autre, sans passer par une plateforme centrale, les connexions sont plus rapides, plus sûres et plus simples, comme dans une blockchain (pour mieux comprendre les implications d’une blockchain décentralisée en matière de sécurité et d’assurance, consulter Slock.it).

Cette approche décentralisée est à l’opposée de celle privilégiée par Echo d’Amazon. Reste à voir qui remportera la victoire.

26 Milliards
d'objets connectés d'ici 2020

Source : Gartner "Information 2020 - Beyond Big Data" 2014

149 Milliards de dollars
marché de la maison connecté d'ici 2020

Source : PwC UK "My home, connected"2015

Les données, l’avenir des objets connectés

L’idée n’est pas d’installer ces objets connectés et de s'arrêter à la protection contre les sinistres, ce serait passer à côté d'un des grands avantages de l'Internet de Objets. En effet celui-ci permet aussi de collecter des des données en continu,pouvant être utiles aux clients comme aux assureurs pour développer de nouveaux services.

« Dans le futur, ce qui fera la différence, ce n’est pas l’équipement, mais le service », revendique Véronique Letellier. « Nous devons donc développer des services intelligents et donner la priorité aux objets connectés et aux données qu’ils génèrent. »

« Les données collectées à travers l’univers connecté de l’utilisateur à son domicile vont permettre de développer des algorithmes capables d’identifier des risques. Il est question de données collectées par des millions de capteurs installés chez des millions d’utilisateurs », poursuit-elle. Les objets connectés n’ont pas vocation à rester des innovations : ils vont nous permettre de concevoir une assurance habitation plus performante, moins chère et mieux adaptée.

Les algorithmes pourraient par exemple annoncer un incendie avant même le déclenchement de la première étincelle. Comment ? En considérant les tendances élaborées à partir des données des capteurs et de leur historique (variation de la température, de l’humidité ambiante, etc.), et en donnant la possibilité d’agir grâce à un accès à distance aux objets connectés (contrôle des systèmes de chaleur, de refroidissement, de verrouillage et déverrouillage des portes, d’activation des alarmes, etc.), ou de contacter un service comme AXA Assistance afin qu’une personne se rende sur place pour évaluer une situation ou résoudre une anomalie. Une manière pour AXA de faire plus que d’assurer une habitation en proposant une protection complète.

Plus particulièrement, les données collectées dans chaque domicile pourraient permettre de dégager des habitudes d’utilisation : les propriétaires ferment-ils leur porte à clé ? Éteignent-ils leur chauffage et leurs tables de cuisson ? Activent-ils leur alarme ? Ces données pourraient ensuite faciliter l’élaboration de contrats sur mesure.

Incontestablement, nous sommes à l'aube d’une révolution de l’assurance habitation.

Le changement est en marche.

Les données affluent déjà.