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Comment l'assurance a bâti le monde que nous connaissons

Ces innovations qui n'auraient pas été possibles sans assurances Concevoir l’assurance de demain
20 janv. 2016

Vous ne le savez peut-être pas, mais de nombreuses choses qui font partie de votre quotidien, comme les rues, les immeubles, les ponts, les voitures ou les trains, étaient toutes considérées comme des inventions très déstabilisantes à leurs débuts et peu de gens croyaient même qu'elles puissent devenir réalité. En outre, vous ne réalisez surement pas que c'est uniquement grâce à des assureurs visionnaires, et suffisamment courageux pour assurer ces projets, que des industries entières ont pu prospérer et se développer pour bâtir le monde que nous connaissons aujourd'hui.

Des toutes premières formes d'assurance dans les sociétés préindustrielles aux organisations comme AXA Strategic Ventures dont les initiatives visent à repousser les limites de l'innovation, l'assurance reste un élément vital pour notre avenir.

1. Les gratte-ciel

En 1880, un architecte du nom de Leroy Buffington a dessiné ce qu'il a baptisé un « gratte-nuages » (un terme à peine moins élégant que celui de « gratte-stratosphère » utilisé à l'époque), à savoir un immeuble innovant de 28 étages, constitué d'une ossature métallique. La presse d'architecture de l'époque s'est moquée de lui en qualifiant son idée d'« irréaliste » et de « ridicule ».

Trois ans plus tard, William Le Baron Jenney présentait les plans d'un édifice basé sur le même concept lors d'un concours organisé par la Home Insurance Company pour la création de son nouveau siège social à Chicago. Au lieu de se moquer de lui, la compagnie lui a, pour sa part, octroyé les fonds nécessaires à la construction de cet immeuble.

Le grand incendie de Chicago, survenu en 1871, avait laissé derrière lui une ville totalement ravagée et anéantie. Tandis que la plupart de ses immeubles étaient auparavant érigés en bois, la ville allait être reconstruite en utilisant des matériaux ignifuges tels que la pierre, la brique et le fer. En outre, de nombreux promoteurs se livraient à une concurrence acharnée pour concevoir des immeubles capables de « caresser le ciel ».

Cependant, ces bâtiments plus hauts nécessitaient des murs plus solides. À l'époque, le seul moyen de rendre les murs plus solides consistait à les faire plus épais et donc plus lourds, ce qui a engendré des constructions particulièrement sombres et moroses. Le projet de William Jenney se caractérisait par une ossature métallique complexe capable de soutenir un bâtiment élevé, sans la massivité de murs de maçonnerie et avec de vastes espaces pouvant accueillir de grandes fenêtres.

Le Home Insurance Building, un immeuble de dix étages, fut érigé en 1885, avec une armature constituée de colonnes en acier verticales et de poutres horizontales, le tout pour un poids représentant un tiers de celui d'un bâtiment équivalent en pierre, et offrait énormément de place pour intégrer de grandes fenêtres en façade. Il n’était alors plus possible de revenir en arrière. Cette réalisation marqua le début d'un nouveau mouvement d'architecture axé sur des immeubles innovants, baptisé l'école de Chicago, qui allait redéfinir le gratte-ciel et changer à jamais notre façon de construire des villes « en se développant vers le haut, plutôt que vers l'extérieur ».

Tout ceci grâce à l'assurance, car non seulement le premier gratte-ciel au monde était assuré par une compagnie d'assurance, mais il fut également construit par celle-ci.

2. Les fusées

Le 15 janvier 2012, la sonde spatiale russe Phobos-Grunt est tombée dans l'océan Pacifique, à l'ouest du Chili. Elle était censée se poser à la surface de Phobos, une lune de Mars, et revenir avec des échantillons de son sol à analyser, mais elle a échoué et tous les efforts mis en œuvre pour tenter de la contrôler en orbite se sont avérés infructueux. Cependant, l'Agence spatiale fédérale russe a récupéré une part importante de ses pertes financières, car la sonde était assurée pour un montant de 1,2 milliard de roubles (plus de 17 millions d'euros), et a pu poursuivre ses activités spatiales, comme elle le fait depuis le début de la conquête de l'espace.

« L'exploration spatiale a commencé en 1957 avec le lancement de Spoutnik en orbite. À peine huit ans plus tard, en 1965, Intelsat 1 fut le premier satellite commercial à être assuré », rappelle Denis Bousquet, Senior Space Underwriter (Souscripteur d'Assurance Spatiale) chez AXA Corporate Solutions, la filiale du groupe AXA dédiée à l'assurance des marchés spécialisés. La branche Spatiale de la filiale a vu le jour en 2007 et propose, entre autres, des assurances aux entreprises qui lancent des satellites à bord des fusées Ariane.

L'assurance spatiale est conçue sur mesure, en fonction des risques coûteux et très spécifiques qui peuvent mettre en péril l'avenir d'entreprises tout entières. Les assureurs s'engagent à dédommager leurs clients dans de nombreux cas de dysfonctionnements différents (par exemple, la perte d'un engin spatial ou la panne d'un satellite). « Ils ont contribué au développement des satellites commerciaux », ajoute Denis Bousquet, et aujourd'hui ils apportent aussi leur aide aux États, car les gouvernements préfèrent souscrire des polices d'assurance privées plutôt que d'assumer eux-mêmes le risque.

Les ingénieurs et les scientifiques russes appellent à présent de leurs vœux la mise en place d'une nouvelle mission vers Phobos. Pour l'heure, l'Agence spatiale fédérale russe Roscosmos a utilisé le remboursement substantiel versé au titre de la mission Phobos-Grunt pour financer une partie du programme d'exploration de la planète Mars, baptisé ExoMars.

3. Le transport aérien

Saviez-vous que le premier vol humain motorisé des légendaires frères Wright sur un engin plus lourd que l'air en 1903 était assuré contre le risque ? Et ce n'est pas tout. La première police d'assurance aviation officielle créée par une compagnie privée date de 1911.

Parmi les différents types d'assurance proposés dans le premier tiers du XXe siècle, l'assurance aviation était probablement la plus innovante et la plus spectaculaire. Cette époque pionnière dans le domaine de l'aéronautique était non seulement stimulante pour ses héros acclamés, mais aussi pour les « explorateurs » en col blanc qui, en coulisses, proposaient des polices d'avant-garde pour des risques jusqu'ici inenvisageables.

Après que ces « machines volantes » ont commencé à faire leur apparition, menant à la « fièvre de l'Atlantique » (la course effrénée à la traversée de l'océan) et les premiers vols commerciaux de transport de courrier par avion, les assureurs n'ont pas tardé à s'unir pour partager les risques, en créant des regroupements d'assurance aviation dédiés à ce tout nouveau secteur d'activité. Grâce à ces initiatives novatrices, l'industrie aéronautique a connu un véritable essor engendrant notamment le développement et le lancement du moteur à réaction, du célèbre Boeing 747, pionnier du transport aérien de masse, et de polices d'assurance aviation de plus en plus sophistiquées.

Aujourd'hui, les assureurs sont devenus des partenaires indispensables des compagnies aériennes, y compris pour le transport aérien du futur.

En effet, une police a récemment été créée pour le projet Solar Impulse, la première tentative de tour du monde à bord d'un avion solaire, ouvrant la voie à de nouveaux moyens de transport plus propres et à un tout nouveau type d'assurance aviation. Qui plus est, le tourisme spatial offre de nouvelles possibilités d'exploration, à la pointe du progrès en matière d'aviation, de transport et, bien entendu, d'assurance.

Des polices innovantes devront être créées afin de garantir des voyages de plus en plus sûrs dans l'espace atmosphérique et, à terme, dans l'espace extra-atmosphérique.

4. Tout le reste

Comme nous l'avons vu, l'assurance s'est donc développée parallèlement aux initiatives des innovateurs, des explorateurs et des inventeurs au fil de l'histoire. Ces hommes et ces femmes déterminés à repousser toujours plus loin les limites avaient besoin d'une base solide sur laquelle s'appuyer pour mener à bien leurs projets. Bien souvent, cette « base » se matérialisait par une certaine forme d'assurance.

Par exemple, une assurance sous forme de greniers communautaires était vitale aux prémices du développement de l'agriculture, car les exploitants pouvaient mettre en commun leurs ressources afin de se protéger contre la famine. L'assurance était aussi un sentiment essentiel à l'exploration des mers en quête de nouveaux territoires du temps de l'« âge de la découverte », une période comprise entre le XVe et le XVIIIe siècle qui a fini par définir la culture européenne et par donner naissance à de grands empires. L'assurance a également favorisé le développement du transport de masse aux XIXe et XXe siècles, en protégeant ceux qui inventaient des machines nouvelles, ceux qui fondaient des entreprises pour les vendre en grandes quantités et les personnes qui les utilisaient chaque jour, à travers le monde.

En fait, l'assurance en tant que concept est aussi ancienne que la société humaine. Elle nous a constamment aidés à trouver de nouveaux moyens d'augmenter la production alimentaire, de faire du commerce de marchandises, de construire des maisons et des superstructures, de soigner des maladies, etc., et de rendre pratiquement tout possible. Puisque l'assurance transforme les dangers que nous devons éviter en risques calculés que nous sommes prêts à prendre, elle incite les gens et les entreprises à créer et saisir des opportunités en dépit de l'incertitude qui leur est inhérente. L'assurance nous aide à faire de nos rêves des réalités afin d'améliorer nos vies et, bien souvent, de créer un monde meilleur.

AXA Strategic Ventures s'engage avec le même esprit d'innovation. En mettant l'accent sur des modèles économiques alternatifs, le « big data », le changement climatique, l'inclusion financière et la santé, ASV aide les entreprises à stimuler l'innovation plus que jamais.

L'un des plus récents partenariats, et le quatrième projet d'investissement d'ASV, s'est traduit par la création de FLYR, un algorithme développé par une start-up basée à San Francisco qui devrait révolutionner l'industrie du tourisme et le marché de l'assurance voyage. Cet outil innovant, capable de prédire les prix des billets d'avion jusqu'à 120 jours à l'avance, va véritablement aider chacun d'entre nous à atteindre de nouveaux sommets.