Noel Eyres Présentateur de Next Stop

Next Stop : Voyage au pays des entrepreneurs du troisième âge

Prendre soin de chacun
7 févr. 2017

Noel Eyres, collaborateur d’AXA à Paris, et présentateur de Next Stop, s’est rendu à AXA Life Japan dans le cadre de sa série de vidéos autour du monde, Next Stop, afin de découvrir les défis économiques que doit relever le pays vieillissant du Soleil levant.

Enfants kawaii* et pyramides potelées

Station Shimbashi, Tokyo, 8 h 30 : tandis que j’observe les écoliers bien élevés, avec leurs sacoches identiques et leurs casquettes bleues ou jaunes typiques (pour une visibilité et une sécurité accrues dans la rue), qui montent calmement dans le métro avec les autres usagers matinaux, je me pose une question : le Japon se sent-il plus vieux? Le fait est que l’archipel Est-asiatique possède la population la plus âgée de la planète, un tiers de ses habitants ayant plus de 60 ans. Si l’on regarde les pyramides des âges dans le monde – une pyramide parfaite pour les pays émergents, avec un socle de jeunes de moins de 15 ans, ou une masse rondouillarde pour l’Europe, avec son importante population d’âge moyen –, on remarque que celui du Japon est très chargé au sommet. Selon les prévisions, d’ici 2055, la pyramide se sera inversée par rapport à celle de 1960 : imaginez une version chancelante de la pyramide de Khéops, posée en équilibre instable sur sa pointe.

La population n’est pas seulement en train de vieillir, elle décline. C’est le résultat d’une réduction du taux des naissances, due à une baisse du nombre de femmes en âge de procréer, associée à une tendance à avoir moins d’enfants, caractéristique de la plupart des pays développés mais encore plus prononcée au Japon, ainsi qu’à des facteurs sociaux (on attend encore souvent des femmes qu’elles restent au foyer et se consacrent à l’éducation de leurs enfants lorsqu’elles deviennent mères, la maternité a donc tendance à être remise à plus tard) et, plus généralement, à des raisons économiques. Or, une population en déclin implique une baisse du nombre de personnes en âge de travailler qui contribuent à l’économie. D’ici 2060, si rien ne change, il devrait y avoir seulement 1,19 travailleur par retraité (contre 2,59 aujourd’hui). Si chaque travailleur devra soutenir financièrement un retraité, que restera-t-il alors pour élever les enfants ?

25 % de la population a plus de 64 ans

83 ans
L'espérance de vie est supérieure à

D’autres pays développés prennent la même direction, mais c’est le Japon qui ouvre la marche. Avec ce déclin de la population et la réduction de main-d’œuvre qui en découle, associés au ralentissement économique de ces 20 dernières années, on peut légitimement s’inquiéter de la capacité du Japon à subsister à long terme. C’est pourquoi d’autres pays observent le Japon de près pour voir si le pays est capable de s’en sortir avant qu’eux-mêmes n’empruntent ce chemin difficile dans un avenir relativement proche.

Noel arrivant à la gare de Shimbashi, dans le centre de Tokyo

Tous concernés

Lorsque je sors du métro pour me faire une première opinion de la vie à Tokyo, même si je ne m’attends quand même pas à une immersion de cinq jours dans une maison de retraite grande comme une ville, je suis conscient de la pression qu’exerce ce changement démographique sur l’économie et les services sociaux du pays. C’est précisément la raison de ma visite : comprendre les effets de cette tendance sur la société, ainsi que leurs conséquences sur la santé, grâce à mes contacts au sein d’AXA Life Japan, et me faire une meilleure idée du rôle que peut jouer AXA dans ce contexte.

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Avec un problème à long terme d’aussi grande envergure, l’économie, la société et le gouvernement ont la responsabilité de trouver ensemble des solutions pour atténuer la situation, puisqu’il est impossible de la renverser. Très actif, le gouvernement a proposé et met en œuvre diverses mesures. La priorité est donnée à la notion d’« allongement de l’espérance de vie en bonne santé » et à la possibilité de compléter le régime de retraite national avec une assurance de soins de longue durée. Ce programme complet s’adresse aux personnes ayant cotisé pour un service personnalisé, selon leurs besoins estimés par les services de santé, offert par une sélection d’institutions mises en concurrence.

AXA au Japon

Chiffres-clés
2,33
millions de clients
et 5,15 millions de polices
4,132
milliards
de primes émises brutes
12%
du résultat opérationnel
de l’activité d’assurance vie, épargne, retraite

Les maladies liées au mode de vie ainsi que les maladies des os et des articulations représentent par exemple un tiers des dépenses médicales prises en charge par le gouvernement, et plusieurs gouvernements locaux soutiennent des initiatives visant à prévenir l’aggravation de ces maladies. D’où la nécessité de commencer les traitements dès l’apparition des premiers symptômes.

C’est l’opportunité pour AXA de passer du rôle de payeur à celui de partenaire, en accompagnant une population vieillissante afin qu’elle puisse vivre sa vieillesse dans de meilleures conditions. En septembre 2016, AXA a lancé « Prevention Care Support », un produit d’assurance qui, en plus d’offrir une couverture d’assurance médicale conventionnelle, prend en charge les traitements médicaux précoces qui préviennent l’aggravation de maladies bénignes, ce qui permet de réduire la charge financière des clients tout en améliorant leur qualité de vie. Il s’agit d’une première dans le secteur pour élargir les options de traitement pour les patients souffrant de maladies réfractaires.

Les PME : la pierre angulaire de l’économie japonaise

Pour s’attaquer aux répercussions économiques d’une population vieillissante, le gouvernement a également choisi de cibler le pilier de l’économie japonaise : les petites et moyennes entreprises (PME). Importantes contributrices de l’économie locale (elles représentent une grande proportion de la production économique et emploient la grande majorité de la population active locale), les PME sont la pierre angulaire de l’économie du pays et l’un des principaux moteurs de la reprise économique japonaise.

Poids des PME dans l’économie japonaise

99 % des entreprises au Japon

70 % de la main d'oeuvre nationale

J’ai été mis en relation avec Yoshinori Kasahara, du Bureau de promotion de la gestion de la santé et de la productivité d’AXA Life Japan, afin d’en savoir plus sur la collaboration d’AXA avec les PME en tant que partenaire de santé. Je le rejoins dans un espace de coworking au cœur du quartier étudiant. À l’étage, au-dessus du café où l’on sert toutes sortes de boissons bio et tendance, nous nous installons au milieu d’un bric-à-brac où se côtoient des imprimantes 3D, un robot, des designers studieux et un hipster américain en pleine présentation appliquée d’un projet d’entreprise à un groupe de businessmen Japonais. Alors que nous sirotons notre café, Kasahara-san m’explique le poids que représentent pour une entreprise une main-d’œuvre vieillissante à la santé déclinante, et ses conséquences sur l’économie. Cela inclut le coût du présentéisme : ces collaborateurs qui viennent travailler par devoir, mais dont la mauvaise santé et le manque de productivité qui en découle ont un impact sur la santé financière de l’entreprise.

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C’est là qu’intervient Health Productivity Management (HPM), une initiative gouvernementale majeure visant à promouvoir une meilleure santé de vie auprès des dirigeants de PME et leurs équipes et ainsi alléger la pression sur les caisses de l’Etat et le système de protection sociale.

AXA Life Japan contribue à la promotion nationale de l’initiative HPM et se positionne en tant que principal soutien grâce à sa coopération avec les entités publiques, comme le gouvernement central ou les administrations locales. Les conseillers HPM d’AXA fournissent aux dirigeants de PME des formations et des supports afin de les sensibiliser à un mode de vie plus sain et leur donner des conseils pour manger plus équilibré, faire régulièrement de l’exercice et éviter les mauvaises habitudes en matière de santé. Ils leur proposent également des consultations pour les aider à planifier leur vie et réduire ainsi les inquiétudes des collaborateurs quant à leur avenir. Dans un pays doté d’une conscience civique forte, cela encourage la population à modifier son comportement.

Noel et Yoshinori Kasahara dans un café-fablab de Tokyo
Noel et Kasahara-san en discussion sur le vieillissement de la main d'oeuvre japonaise

Kasahara-san résume les avantages de cette initiative en ces termes : « Le programme HPM offre de grands avantages à la fois pour AXA Life Japan, nos clients et notre société. Tout le monde y gagne. C’est pourquoi nous parvenons à établir de solides relations avec nos parties prenantes et à développer notre activité. » Le Japon faisant figure de précurseur sur le sujet, il ajoute : « Je suis convaincu que le Groupe AXA peut utiliser ce business model à l’échelle mondiale, car on retrouve des sociétés vieillissantes partout sur la planète. »

Ces exemples constituent des progrès en matière de prévention et de réduction des problèmes économiques, mais qu’en est-il des soins pour cette communauté fragile ? Avec une population de personnes âgées qui dépasse la capacité des soignants et une politique d’immigration qui n’encourage pas l’apport d’une population étrangère pour compenser, quelles sont les solutions ?

Domo arigato** Mister Roboto

Si le personnel de santé est insuffisant pour prendre en charge une proportion si importante de la population, la technologie peut peut-être combler certaines lacunes. C’est ce qui m’a amené au Robo Care Centre, à une heure de train du centre de Tokyo, où sont présentés différents types de solutions robotisées qui répondent aux besoins des personnes âgées ou à mobilité réduite.
Au premier abord, je ne suis pas particulièrement impressionné par les produits exposés : une série de gadgets robotiques, des Segway, des chariots de course électriques et des jeux avec capteur de mouvement adaptés aux seniors pour favoriser l’activité physique. À part ce qui semble être un exosquelette bionique dans un coin du showroom, cela ressemble grandement à la vitrine de Noël d’un grand magasin de jouets.

Noel et Saori Nozawa, d'AXA Life Japan, visitant le Robo Care Centre de Tokyo

Puis, nous assistons à une démonstration de deux exosquelettes. Connectés directement au système nerveux via quelques capteurs qui transmettent l’intention de faire un mouvement : marcher, s’accroupir ou simplement lever une jambe, les exosquelettes traduisent mécaniquement cette intention. Le démonstrateur ne me permettant pas de l’essayer moi-même, je reste sceptique quant à son efficacité, jusqu’à ce nous nous rendions à un étage semblable à un service de rééducation : une demi-douzaine de personnes de tous les âges avec une mobilité très réduite (normalement en fauteuil roulant), marchent sur des tapis de course à l’aide de ces engins high-tech. C’est très réconfortant de voir ces grands-mères – et ces enfants –, le visage ultra-concentré, retrouver leur capacité à se déplacer et une certaine indépendance dans leurs mouvements. Quelques petits pas pour un individu, un bond de géant pour les personnes à mobilité réduite dans un pays où plus de cinq millions de personnes âgées vivent seules ?

Sur ces réflexions, je me rends à Jizo Dori – un quartier commerçant qui s’adresse tout particulièrement aux personnes âgées – où je rencontre Bunya Usui, du département Distribution d’AXA Life Japan. C’est le cerveau de l’application « Are you OK », un service conçu pour permettre aux familles de veiller à distance sur leurs parents âgés. L’outil, installé sur le téléphone mobile de la personne âgée, peut géolocaliser l’endroit où elle se trouve, afin d’assurer sa sécurité. L’idée est venue à Bunya-san en réaction à la maladie d’Alzheimer dont souffre sa mère, et sa tendance à se perdre. Elle peut désormais contacter son fils rapidement et en toute simplicité ou activer une alarme qui la met en relation directe avec AXA Assistance, qui peut lui apporter de l’aide.

Le marché de Jizo Dori
Un quartier commerçant dédié aux personnes âgées

Après ma visite au Robo Care Centre et ma promenade dans le quartier de Jizo Dori, j’ai donc la réponse à ma question initiale : non, je n’ai pas senti la population de Tokyo particulièrement vieille. La capitale est encore une ville active et animée, avec un âge moyen légèrement plus bas que la moyenne nationale. Dans de nombreux quartiers, les rues sont vivantes, remplies de jeunes Japonais, mais il reste que la population nationale a atteint son pic en 2010 et a depuis perdu 900 000 habitants, et les campagnes se vident à une vitesse inquiétante. Les secteurs public et privé ont encore beaucoup de pain sur la planche pour relever ce défi.

Regardez le dernier épisode de Next Stop et suivez Noel au Japon !

*Mignons
** Merci beaucoup

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