The AXA.COM team Reporter

Bangalore-Paris : voyage au cœur de l’innovation made in AXA

Concevoir l’assurance de demain
6 juin 2016

A peine s’est-il présenté à son hôte que Paul-Henri Chabrol branche son iPhone sur le rétroprojecteur de la salle de réunion. La page d’accueil de Well-Be by AXA apparaît à l’écran. « Voici l’application mobile que je suis en train de développer, commence le jeune ingénieur spécialisé dans la santé. Nous allons la tester dans un premier temps au Luxembourg. » L’outil se veut le « Spotify du bien-être ». Un réseau social pour trouver des idées d’activités et de la motivation pour les réaliser. Son concepteur explique la philosophie du projet : « Si on cultive une vie plus saine au quotidien, on diminue ses dépenses médicales ». Face à lui, Hemant Marriya est séduit : « Moi qui suis fan de trekking, vous pouvez me compter comme utilisateur dès l’ouverture du service ».

Lauréat du concours interne « Réinventons nos 30 ans», ce jeune cadre indien d’AXA achève à la Digital Agency un voyage parisien de quatre jours à la découverte des pôles d’innovation du Groupe. Si ce voyage lui a permis de mesurer à quel point ces derniers sont stratégiques, il ne l’a pas totalement dépaysé pour autant. A Bangalore, au cœur de la Silicon Valley indienne, son travail repose en grande partie sur les nouvelles technologies. Ce collaborateur d’AXA Business Services dirige une équipe de vingt personnes qui traitent chaque jour 600 dossiers de remboursements de soins pour des assurés britanniques.

« L’idée d’un instrument de navigation m’est venue en repensant à ce que l’on m’a appris durant ma préparation militaire à l’université : être rigoureux et garder le cap. Exactement ce que nous demandent nos clients ! »

Destination Fintech

Après une visite guidée du siège de l’avenue Matignon, le séjour d’Hemant s'est poursuivi par un rendez-vous dans le 13ème arrondissement de Paris, chez AXA Strategic Ventures, une société d’investissement du Groupe qui investit dans l’Insurtech. C’est avec Minh Q Tran, son directeur général, qu’il a fait le tour du propriétaire : « Nous sommes juste à côté d’une pépinière géante de mille start-up qui ouvrira en 2017, explique-t-il alors en lui montrant de sa fenêtre la vue sur ce quartier en pleine mutation. Nous y installerons certaines de nos entreprises en portefeuille ». En attendant, celles-ci sont dispersées ailleurs dans Paris.

Minh Q Tran, General Partner du Fonds AXA Strategic Venture

Après avoir vécu dans une demi-douzaine de pays, il a enfin trouvé son port d’attache, Paris. « J’ai installé notre fonds ici pour être juste en face de l’incubateur géant d’entreprises qui ouvrira en 2017 », explique-t-il dans son bureau du 13ème arrondissement. Depuis deux ans, ce diplômé de l’Insead prend des participations pour le compte d’AXA dans des start-up de la Fintech (les nouvelles technologies de la finance). Sept figurent déjà dans son portefeuille. « Je faisais auparavant la même chose pour des groupes de communication et de téléphonie. Ces secteurs se convertissaient alors au digital ; maintenant c’est au tour de l’assurance » se réjouit ce golfeur accompli (handicap 18), ceinture noire de karaté.

Par exemple, le siège du site Easyproprietaire.com se trouve près des Champs-Elysées. Le lendemain, Hemant a justement rendez-vous avec Loïc Galvier, son fondateur, un diplômé de l’ENS Lyon, ancien collaborateur d’AXA. Ses bureaux sont situés à l’intérieur d’un immense incubateur. L'endroit grouille de jeunes geeks en blue-jeans et pull-over. Vision inhabituelle pour un arrondissement davantage habitué au costume-cravate. Dans le hall, un mur végétal accueille les visiteurs et il faut passer par l’espace baby-foot avant d’accéder à la salle de réunion.

- " Notre plateforme accompagne les primo-accédants dans les innombrables démarches administratives nécessaires pour acquérir un logement, lance Loïc. Nous avons déjà enregistré 50 000 utilisateurs."
- "Ce service pourrait marcher dans mon pays", réplique Hemant. "Surtout qu’il y a une autre source de stress chez nous quand on achète un appartement. Le choix du promoteur. "
En Inde, la qualité du bâti revêt autant d’importance – sinon davantage – que l’emplacement d’un bien immobilier. Selon la solidité des matériaux et le niveau de finition, une résidence neuve peut rapidement se déprécier ou au contraire s’avérer un excellent placement.

« Data science »

Il est midi. L’heure de partir pour le prochain rendez-vous, à Suresnes près de La Défense. Hemant est invité à déjeuner avec Philippe Marie-Jeanne, le patron du Data Innovation Lab et Chief Data Officer d’AXA. Ce département de soixante personnes, créé il y a deux ans et directement rattaché à la Direction des Opérations d’AXA, accompagne les entités AXA dans leurs projets Big Data afin de créer de la valeur autour des données du Groupe. Philippe explique : « Chez AXA, nous sommes convaincus que le Big Data est une opportunité sans précédent pour notre métier, nos clients et la société. Conçu comme un centre d’expertise de la data science et des technologies Big Data, le Data Innovation Lab cherche à comprendre comment les données peuvent être utilisées pour mieux comprendre nos clients, améliorer nos services, les rendre plus efficaces et développer de nouvelles offres tout en garantissant la sécurité et la confidentialité des données utilisées. »

Hemant est ensuite guidé jusqu’au « garage », baptisé ainsi en hommage à celui où est né Hewlett-Packard, symbole de la Silicon Valley et de l’innovation. Au DIL, l’âge moyen est de 32 ans et l’ambiance, plutôt détendue. Les présentations se succèdent. L’attention d’Hemant est attirée par un ensemble d’écrans situé dans l’un des open-spaces. On y distingue une grande carte du monde et différents tableaux de bords. Il s’agit de l’interface permettant de visualiser les différents programmes de télématiques du groupe se servant de la plateforme développée par le DIL. Son principe ? Grâce aux informations collectées, AXA permet au conducteurs d’avoir une vision objective sur leur conduite et d’adopter des comportements vertueux. « L’utilisateur peut également profiter de tarifs plus ajustés sur son risque, explique Tatjana Radakovic, une collaboratrice du lab. Les bons conducteurs peuvent obtenir des décotes importantes sur leur prime, créant ainsi une situation "gagnant-gagnant" ».

Tatjana Radakovic, Project Management Officer, AXA Data Innovation Lab

On appelle cela l’esprit pionnier. « J'ai été la deuxième femme recrutée au sein du Data Innovation Lab », explique cette program manager, spécialiste de la méthodologie Agile. « Mener un projet en mode Agile, c’est respecter quelques principes comme travailler en petite équipe pluridisciplinaire, tenir des ‘stand-up’ meetings et impliquer l’utilisateur final dès le début du projet. On ne le croirait pas, mais cette pratique demande beaucoup de discipline ».

Elle a étudié les mathématiques appliqués à l’université de Zagreb, puis à Paris, avant de travailler notamment chez un éditeur de logiciel et d’intégrer AXA. « J’avais un peu peur de trouver l’environnement de l'assurance peu stimulant », avoue-t-elle. « Mais j’avais complètement tort. Ici les projets sont très innovants et mes collègues incroyables ! »

Tatjana regarde sa montre. « Je vais vous laisser », s'excuse-t-elle. « J'ai un avion à prendre ce soir. » Pour Singapour. Elle s'y rend régulièrement afin de préparer l’ouverture d'AXA DIL@Asia, une extension du Data Innovation Lab, qui sera focalisée sur les projets data avec les entités asiatiques du Groupe AXA.

« Fish and tips »

Le lendemain, Hemant a rendez-vous à la Digital Agency, dernière étape de son voyage d’exploration. Au sein de cette division 100% AXA située à deux pas du siège, quarante passionnés du digital imaginent et réalisent des applications mobiles pour les différentes entités du Groupe. C’est ici que travaille Paul-Henri Chabrol, le concepteur de « Well-Be by AXA » : « La moitié de l’équipe se trouve dans ces locaux. L’autre moitié est basée à Barcelone, où les projets sont finalisés par les développeurs, ceux qui rentrent les lignes de code. »

Paul-Henri Chabrol, Digital Agency Manager, Group Marketing & Distribution

Le concepteur de l’application « Well Be » a déjà changé trois fois de métier chez AXA. Depuis son entrée dans la compagnie en 2009 à l’âge de 27 ans, cet ingénieur de l’INP Grenoble a monté une petite équipe d’informaticiens chez AXA Life Invest à Dublin, puis collaboré au pôle stratégique de la division Vie et Epargne à Paris, avant de rejoindre l’an dernier la Digital Agency où il conçoit des applications mobiles. « J’ai l’impression de transformer l’entreprise, c’est passionnant » s’émerveille ce fan de Bob Dylan. Un parcours réussi en interne grâce au programme de mobilité internationale proposé par le Groupe. Paul-Henri ne boude pas son plaisir : « C’est formidable qu’on m’ait donné ma chance. »

Parmi les innovations présentées à Hemant, ce système d’alerte intégré aux smartphones qui se déclenche en cas d’absence prolongée de mouvement, actuellement expérimenté auprès d’une centaine de seniors japonais clients d’AXA. Ou encore Mon AXA, le point de contact mobile entre AXA et ses clients (My AXA à l'international).

My AXA, l’application qui permet d’avoir son assurance dans la poche.

Développée en interne par la Digital Agency, My AXA est née de la volonté d’AXA d’offrir des services en phase avec les besoins réels de ses clients. Des clients qui ont été directement impliqués tout au long du processus de développement et d’évaluation. Cette application disponible sous iOS et Androïd permet d’accéder gratuitement depuis son smartphone à tous ses comptes, contrats et services comme par exemple la prise en charge automatique en cas de panne grâce à la géolocalisation ou l’estimation de ses remboursements en temps réel. My AXA a été conçue de façon à pouvoir être adaptée dans tous les pays où le Groupe est implanté.

« Hemant, notre "fish and tips" hebdomadaire, ça vous tente ? ». C’est Yves Caseau, le directeur, qui désigne la cuisine du service, à l'autre bout de l'open space. Là, tout le staff est assis dans des sofas, un plateau de sushis sur les genoux, et écoute tour à tour des keynotes de cinq minutes préparés par les collègues sur des sujets en vogue dans le secteur du web. Au menu du jour : la technologie « blockchain », qui permet d’éviter la falsification des contenus numériques. AXA vient de prendre des parts dans le leader du secteur, la firme américaine Blockstream. Hemant prend des notes : « Cet outil est une arme redoutable pour protéger contre la fraude. C’est central dans mon job. Et pour être compétitif dans son métier, il faut rester en permanence informé des dernières avancées techniques. Mais si l’on vise la place de numéro un, on doit carrément inventer les standards, proposer en premier les transformations attendues par le marché. Bref, il faut tracer la voie. »

Avant de prendre congés de ses hôtes, Hemant sort de son sac de petits sachets d'encens est des savons au bois de santal : « Des cadeaux typiquement indiens », précise-t-il. « Être passionné d'innovation n’exclut pas de préserver certains gestes intemporels. »