Conférence TCFD: les investisseurs au chevet du climat

Le 12 septembre dernier, le siège d’AXA accueillait dans ses locaux la Task Force on Climate-related Financial Disclosures (TCFD) du Financial Stability Board (FSB), Au programme, des intervenants de premier plan, des discours engagés et des tables rondes pour traiter du lien essentiel entre finance et climat. Temps forts de cette conférence. TOUTES LES ACTUALITÉS  |  Climat
3 oct. 2016
Michael R. Bloomberg
Président de la TCFD et fondateur de Bloomberg LP

Accroître la transparence rend les marchés plus efficaces et les économies plus stables et résilientes.

L’objectif du FSB est d’améliorer la qualité de l’information délivrée à travers leur reporting par les entreprises aux acteurs financiers quant à leur exposition aux risques liés au changement climatique.

« AXA est extrêmement fier de compter parmi les membres de la TCFD » : c’est par ces mots que Thomas Buberl Directeur Général d’AXA a ouvert la dernière conférence de la TCFD en expliquant pourquoi le Groupe avait le devoir de s’impliquer sur la question du dérèglement climatique.

Thomas Buberl
Directeur Général d'AXA

Cette question ne peut pas dépendre uniquement des Etats et des gouvernements mais doit être résolue à travers un effort collectif global qui inclue également les entreprises privées et les acteurs financiers.

Thomas Buberl a plus précisément souligné le rôle crucial des assureurs dans leur double dimension de couverture des risques et d’investisseurs, notamment dans les technologies vertes et les énergies renouvelables.

C’est ensuite Christian Thimann, Vice-Président de la TCFD et Directeur de la Stratégie, de la Responsabilité d’Entreprise et des Affaires Publiques du Groupe AXA qui a pris la parole pour expliquer le fonctionnement, les objectifs et l’état des travaux de la Task Force. Il a par ailleurs rappelé l’engagement de la TCFD à consulter largement les parties prenantes en vue de la remise de ses recommandations finales d’ici à la fin de l’année.

Inciter les investisseurs à « passer à la vitesse supérieure »

Et justement, la Présidente de la COP21 et Ministre de l’Environnement du Gouvernement français, Ségolène Royal, était elle-même présente pour l'occasion. « Sans l’engagement du secteur financier, nous ne réussirons pas à rester en dessous des 3 degrés, et même en dessous des 2 degrés comme le demande l’accord de Paris » a tout d’abord souligné la Ministre, avant d’exhorter les acteurs de la finance « à passer à la vitesse supérieure ». Elle a ainsi rappelé que la moitié des grands investisseurs mondiaux ne prennent pas encore en compte les risques posés par le réchauffement climatique.

Ségolène Royal, Présidente de la COP21 et Ministre de l’Environnement du Gouvernement français
Table ronde avec Laurence Tubiana, Rintaro Tamaki, Jean Boissinot et Mark Lewis

Réduire drastiquement les émissions de carbone avant 2020

Après Ségolène Royal, c’est Jean Jouzel, Prix Nobel de la paix en 2007 avec le GIEC, le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, qui est monté à la tribune. Le célèbre climatologue français a d’abord tenu à réaffirmer la réalité du réchauffement climatique, avec « une année 2015 enregistrée comme la plus chaude depuis 1850 », mais aussi les conséquences potentielles de ce dérèglement telles la disparition d’écosystèmes entiers, les pénuries d’eau potable ou encore l’accroissement du nombre des réfugiés climatiques.
Le scientifique a donné comme échéance 2020 pour réduire drastiquement les émissions de carbone et ainsi échapper aux conséquences les plus graves du réchauffement climatique. Convaincu que les milieux financiers doivent jouer un rôle majeur dans cette lutte, il a indiqué les secteurs où il faudrait investir en priorité : énergie, agriculture, bâtiment et industrie.

L’indispensable coopération entre les responsables politiques et les régulateurs

Enfin, la conférence s’est achevée avec deux tables rondes : la première a offert l’occasion d’un échange autour des enjeux et pratiques concrètes des entreprises sur la question du risque climatique. Denis Duverne, Président du Conseil d’Administration du Groupe AXA et Karim Hajjar, membre du Comité Exécutif et Directeur Financier du Groupe Solvay, ont ainsi expliqué l’importance d’intégrer pleinement le changement climatique dans la stratégie de moyen et long terme des entreprises.

La seconde table ronde a permis d’aborder la perspective des régulateurs autour d’intervenants tels que Laurence Tubiana, l’Ambassadrice française chargée des négociations sur le changement climatique ou Rintaro Tamaki, le Secrétaire-Général adjoint de l’OCDE. La discussion a permis de distinguer les prochaines étapes en vue d’une intégration complète des problématiques liés au climat en rappelant notamment une nouvelle fois ce qui pourrait être le principal message de l’évènement: « les milieux politiques et le monde de la finance n’ont, en définitive, pas d’autre alternative que de collaborer pour avancer sur le dossier du réchauffement climatique ».

Plus d'informations sur la Task Force on Climate-related Financial Disclosures

Mots-clés: Climat